Le Monaco Economic Board devient la Monaco Chamber of Commerce. Plus qu’un changement d’appellation, cette évolution traduit un recentrage assumé sur les entreprises de la Principauté, leur mise en réseau et leur développement international. Guillaume Rose, Directeur Général Exécutif, détaille cette nouvelle feuille de route.
Il s’agit à la fois d’une continuité et d’un recentrage. Le service aux entreprises constituait déjà le cœur de métier du Monaco Economic Board ; il devient désormais notre raison d’être exclusive. Notre objectif est donc d’aller plus loin dans l’accompagnement des entreprises monégasques et de renforcer les services que nous pouvons leur apporter.
Cela passe notamment par le développement de nos relations avec les chambres de commerce étrangères et les grands réseaux internationaux de chambres de commerce. Nous avons déjà commencé à intensifier cette dynamique, notamment avec les Chambres de commerce de Bordeaux et de Corse, et nous entendons poursuivre dans cette voie.
Nous allons également développer une cellule de veille économique. L’idée est de pouvoir faire remonter aux entreprises, à partir de notre connaissance des marchés et de notre sensibilité aux évolutions économiques internationales, des informations et des opportunités susceptibles de les intéresser.
Mais une Chambre de commerce est aussi, fondamentalement, un lieu de rencontres. Notre rôle consiste à recevoir des délégations étrangères, à organiser des missions d’entreprises monégasques à l’international, mais également à multiplier les occasions de rencontres entre entreprises de la Principauté. Nous voulons aller plus loin dans la mise en relation, en identifiant davantage les intérêts communs et les complémentarités.
Cette évolution s’inscrit aussi dans une nouvelle répartition des rôles au sein de l’écosystème économique monégasque. Invest Monaco a vocation à travailler sur l’image et l’attractivité de Monaco afin d’attirer de nouvelles entreprises en Principauté ; notre rôle est de prendre le relais auprès des entreprises installées, de les accompagner, de favoriser leurs échanges et de soutenir leur développement, notamment à l’international.
À cela s’ajoute évidemment la puissance de la marque Monaco. À travers le monde, le nom évoque immédiatement un imaginaire très fort : l’exclusivité, le luxe, l’automobile, l’immobilier haut de gamme, un certain art de vivre. Cette image représente un capital considérable.
Notre travail consiste précisément à nous appuyer sur cette notoriété tout en montrant que la réalité économique monégasque ne s’y résume pas. Monaco n’est pas seulement le luxe et le glamour. C’est également une place à partir de laquelle peuvent se nouer des relations économiques internationales.
C’était déjà l’un des enjeux du Monaco Economic Board et cela restera au cœur de l’action de la Monaco Chamber of Commerce : capitaliser sur la force d’attraction de Monaco pour en faire un levier d’échanges et de développement économique.
La question de la mesure des retombées est un débat récurrent pour toutes les chambres de commerce. Nous avons avant tout une obligation de moyens et non de résultats. Notre rôle est d’ouvrir des marchés, de créer des opportunités et surtout de mettre les personnes en relation : les entreprises monégasques entre elles, celles de Monaco avec des partenaires étrangers, ou encore des entreprises étrangères avec l’écosystème monégasque lorsqu’elles viennent en Principauté.
Il serait donc artificiel de prétendre mesurer systématiquement les retombées financières de chacune de nos actions. D’abord parce qu’elles se matérialisent souvent sur le temps long. Lors d’une mission, une entreprise établit des contacts, découvre un marché, commence à nouer des relations. Le contrat éventuel, l’investissement ou l’implantation peuvent intervenir plusieurs mois, voire plusieurs années plus tard. Ensuite, les entreprises monégasques n’ont aucune obligation de nous communiquer leurs résultats commerciaux. Nous respectons naturellement cette confidentialité. Nous connaissons néanmoins très bien nos membres : nous les retrouvons lors de nos rendez-vous, de nos conférences et de nos différentes manifestations. Ils nous font régulièrement part des contrats ou des développements nés des rencontres que nous avons contribué à organiser.
Il existe néanmoins un indicateur qui me paraît particulièrement parlant : les entreprises reviennent. Lorsque 18 sociétés choisissent de partir avec nous en Chine et 22 au Monténégro, cela signifie qu’elles trouvent une utilité concrète à ces missions et à l’accompagnement que nous leur proposons. Cette fidélité est aussi une mesure de notre efficacité.
On évoque régulièrement l’arrivée d’une nouvelle génération d’entrepreneurs, notamment dans la tech et les start-up. Monaco est-il en train de changer de profil économique ?
Le changement est déjà perceptible et il apparaît très clairement dans certains secteurs. Nous observons notamment une progression particulièrement forte des activités liées à l’information et à la communication, qui concentrent aussi une partie importante des entreprises technologiques et des start-up.
Les chiffres de nos adhérents sont révélateurs. En 2020, nous comptions 48 membres dans le secteur information-communication ; en 2026, ils sont 66. Cela représente une progression proche de 40 % en six ans.
Ce mouvement traduit une évolution réelle du tissu entrepreneurial monégasque. De nouvelles entreprises apparaissent, de nouveaux profils d’entrepreneurs s’installent et des activités qui occupaient auparavant une place plus marginale prennent progressivement de l’importance.
Les secteurs historiques demeurent naturellement essentiels à l’économie de la Principauté. Mais parallèlement, la technologie, l’information, la communication et les médias constituent désormais un pôle particulièrement dynamique. C’est dans cet environnement que se développent également de nombreuses start-up.
Pour la Monaco Chamber of Commerce, cette transformation est particulièrement intéressante, car elle implique aussi de faire évoluer notre accompagnement. Une chambre de commerce doit être le reflet de l’économie qu’elle représente : elle doit accompagner ses secteurs établis tout en étant capable d’identifier et de soutenir ceux qui sont en train d’émerger.