À l’occasion du Monaco Day Davos, organisé à la Monaco House en marge du World Economic Forum, la Principauté a réaffirmé son positionnement singulier sur la scène économique internationale. Lors de cette journée stratégique, Robert Laure, Président de l’Association Monégasque des Activités Financières (AMAF), est revenu sur les atouts structurels de la Place financière monégasque, son poids économique et sa capacité à s’inscrire durablement dans un monde en mutation.
Pourquoi était-il important pour l’AMAF d’être présente à Davos, lors du Monaco Day ?
Davos est un lieu unique de concentration des décideurs publics, économiques et financiers du monde entier. Le Monaco Day, porté par la Cellule Attractivité du Gouvernement Princier, offre une plateforme idéale pour expliquer le modèle monégasque, au-delà des idées reçues. La présence de l’AMAF avait pour objectif clair de représenter la Place financière monégasque, qui joue un rôle économique majeur pour la Principauté.
Justement, quel est aujourd’hui le poids de la Place financière monégasque ?
La Place financière représente près de 19 % du PIB monégasque, avec environ 180 milliards d’euros d’actifs financiers (AUM) déposés dans les banques de la Principauté. Ces chiffres suffisent à démontrer que Monaco est une Place financière à part entière, structurée, régulée et reconnue. Notre rôle, en tant qu’AMAF, est d’accompagner les établissements, de promouvoir cette réalité à l’international et d’assurer une parfaite conformité avec les standards les plus exigeants.
Avez-vous souligné Les grandes singularités du modèle monégasque ?
Bien sûr, et elles sont multiples.
- D’abord, Monaco dispose, pour les activités bancaires, du cadre réglementaire de l’Union européenne, offrant un haut niveau de sécurité juridique, aussi bien pour les clients que pour les établissements et pour l’État monégasque.
- Ensuite, à Monaco, les activités des sociétés de gestion sont dissociées de la conservation des actifs, laquelle doit être assurée par une banque dépositaire à Monaco ou à l’extérieur, seule autorisée.
Cette séparation stricte entre gestion et conservation renforce la sécurité, la transparence et la protection des investisseurs.
- La Place se distingue par des exigences élevées en matière de formation et de certification, notamment sur les sujets de confidentialité, qui font l’objet de modules obligatoires pour l’ensemble des professionnels de la finance de la Place.
- La qualité du dialogue institutionnel fait aussi partie des atouts mis en avant à Davos. La relation entre les acteurs privés, représentés par l’AMAF, et les autorités monégasques est fluide, constante et constructive.
Ce dialogue permanent permet d’anticiper les évolutions réglementaires, de maintenir un haut niveau de conformité — notamment en matière de lutte contre le blanchiment — et d’assurer une adaptation continue aux standards internationaux.
- Enfin, la qualité de nos infrastructures technologiques est à souligner, car elles sont essentielles à toute activité financière moderne. Monaco a été le premier pays à se doter de la 5G, et bénéficie d’un très haut débit sécurisé, notamment grâce au câble sous-marin Europe Indian Gateway reliant l’Asie à l’Europe, dont Monaco constitue un hub stratégique. Ces infrastructures garantissent une qualité de service indispensable aux activités financières internationales.
Nous avons pu démontrer, à Davos, combien Monaco est un État stable, capable de travailler sur le temps long. Sa Constitution ancienne, mais en évolution permanente, en fait un État moderne, agile, et adapté aux défis contemporains. Cette stabilité institutionnelle est un facteur clé d’attractivité, en particulier pour les investisseurs et les familles internationales.
Quel regard portez-vous sur le succès du Monaco Day à la Monaco House ?
Les échanges ont été de très riches ; les intervenants remarquables et les échanges toujours « instructifs ».
De nombreuses inscriptions ont été enregistrées pour le Monaco Day, ce qui démontre l’intérêt réel pour le modèle monégasque.