01
mars
2026
Vivre et entreprendre à Monaco

Forum Monaco pour l’Emploi : recruter, orienter, construire des carrières sur une place à part

Présente au Forum Monaco pour l’Emploi, Sibylla Beck, Head Administration & HR chez Privatam, est venue à la rencontre de profils rares dans un marché monégasque très spécialisé.
À ses côtés, Cédric Herrera, Compliance Officer chez CGM Azimut depuis 25 ans, participait pour la première fois à l’événement en tant que représentant de l’AMAF, dans un rôle d’orientation et de conseil. Deux regards complémentaires, entre recherche de talents, décryptage du marché et transmission d’expérience.

Quel sont vos rôles respectifs ?

Sybilla Beck : Responsable de l’administration et des ressources humaines chez Privatam. Je supervise l’ensemble des fonctions administratives et RH du groupe, présent à Monaco, en Suisse, au Luxembourg et en France. Forte d’un parcours initial en banque/finance, j’étais présente au Forum Monaco pour l’Emploi pour mieux connaître les nouveaux talents dans un marché monégasque aussi dynamique que spécifique

Cédric Herrera : Je suis compliance officer chez CGM depuis 25 ans. J’ai connu la création même de la fonction conformité, à une époque où ce métier n’existait quasiment pas. Les premiers contrôles sont arrivés progressivement, avec l’évolution de la réglementation. Aujourd’hui, la conformité est devenue centrale, au point de représenter parfois plus de ressources que la gestion elle-même. Quand je suis arrivé, nous étions cinq chez CGM. Aujourd’hui, nous sommes quarante. Entre-temps, nous avons été rachetés par le groupe italien Azimut, coté en Bourse. C’est une vraie trajectoire de croissance, et un bon exemple de ce que peuvent offrir les sociétés de gestion à Monaco.

Pourquoi avoir participé au Forum Monaco pour l’Emploi ?

Sibylla Beck
Pour mieux cerner les objectifs des jeunes talents. Aujourd’hui, il est devenu difficile de trouver de jeunes talents, en particulier à Monaco. Notre société est très spécialisée : nous évoluons dans un secteur de niche, celui des produits structurés. Ce sont des profils rares, avec des compétences techniques très spécifiques. Le forum est donc une excellente occasion d’échanger directement avec des candidats, notamment des étudiants en fin d’études à la recherche d’un stage de validation.

Cédric Herrera
Je représentais l’AMAF, pas CGM Azimut en tant que recruteur. Nous n’avions pas de postes ouverts à ce moment-là, et c’est justement ce qui a rendu les échanges plus intéressants. Les candidats n’avaient pas l’impression d’être évalués pour un poste précis, donc la discussion était beaucoup plus libre, plus détendue.
L’idée était vraiment d’orienter, de conseiller, d’expliquer comment fonctionne la place financière monégasque et de répondre aux interrogations qui revenaient sans cesse.

Quels profils ou quelles attentes avez-vous rencontrés chez les candidats ?

Sibylla Beck
Nous sommes ouverts, mais nous cherchons avant tout des profils curieux, proactifs et motivés. Nos stagiaires ne sont pas là pour observer : ils travaillent directement avec les commerciaux.
Le forum nous a permis de rencontrer des étudiants de l’Université Internationale de Monaco, mais aussi des profils internationaux, multilingues, venant par exemple d’Afrique du Sud ou d’autres horizons. Pour nous, l’anglais est indispensable, car notre activité est très orientée vers l’Amérique du Sud, Israël, Dubaï, mais aussi la Suisse, la France et Monaco.

Cédric Herrera
Trois grands sujets sont revenus en permanence.
Le premier concernait la certification AMAF. Beaucoup de candidats se demandaient s’il était indispensable d’être certifié pour travailler à Monaco. J’ai pu rappeler que ce n’est pas obligatoire pour débuter sur la place monégasque. La certification se passe ensuite, et souvent à l’initiative de l’employeur. J’ai aussi insisté sur le coût – autour de 1 600 euros – et sur le fait qu’il n’est pas pertinent de la passer en candidat libre sans projet clair, d’autant plus que la priorité est donnée aux personnes qui travaillent déjà à Monaco.

Le marché monégasque est-il bien compris par les candidats ?

Cédric Herrera
La méconnaissance des sociétés de gestion est frappante. Beaucoup de candidats ignoraient leur existence, alors qu’elles sont près de trois fois plus nombreuses que les banques à Monaco : environ 73 sociétés de gestion pour 24 banques.
J’ai vraiment insisté sur le fait qu’elles recrutent, qu’elles offrent de belles carrières, aussi bien dans les fonctions techniques que dans la conformité, le back office ou l’assistanat de gestion. Ce ne sont pas toujours des noms aussi connus que certaines grandes banques, mais certaines sont plus importantes en effectifs ou en actifs sous gestion.

Sibylla Beck
Pour les jeunes, comprendre le fonctionnement du marché du travail à Monaco est essentiel. Le forum a aussi l’avantage de rassembler tous les secteurs : finance, hôtellerie, luxe, yachting, administration, sécurité… Cela donne une vision très complète de l’écosystème monégasque.

Avez-vous observé une évolution des profils ou du niveau par rapport aux éditions précédentes ?

Sibylla Beck
Oui, clairement. J’ai trouvé le niveau global plus élevé, plus qualitatif. Les jeunes que nous avons rencontrés étaient très bien préparés, très déterminés. Certains avaient des projets très clairs, parfois à l’international, et une vraie volonté de construire un parcours solide. C’est très encourageant.

Cédric Herrera
Oui, beaucoup de profils en reconversion professionnelle, et c’était une vraie surprise. Ces candidats cherchaient avant tout à comprendre si Monaco pouvait être une opportunité pour eux. Je leur ai expliqué que c’était possible, mais qu’il fallait parfois accepter de repartir sur des fonctions d’assistanat ou de support pour évoluer ensuite.

Quelles sont les spécificités du recrutement à Monaco ?

Sibylla Beck
Le processus est très encadré, ce qui est tout à fait normal, mais cela peut allonger les délais. Pour certains métiers très spécialisés, comme les structureurs de produits financiers, il est parfois difficile même de publier une offre, tant les fonctions sont spécifiques.
À l’inverse, pour des postes d’assistanat, les candidatures sont nombreuses et de grande qualité. Monaco reste un marché très attractif, mais avec ses propres règles.

Cédric Herrera
À Monaco, on peut encore faire carrière, aussi bien dans les banques que dans les sociétés de gestion, à condition d’être réaliste sur le point d’entrée, notamment en termes de salaire et de fonctions.

Qu’en est-il des stages et de l’alternance ?

Sibylla Beck
Le forum est une excellente occasion d’échanger directement avec des étudiants en fin d’études à la recherche d’un stage de validation.

Cédric Herrera
Les stages de fin d’études sont très demandés, c’est normal. L’alternance existe désormais à Monaco, avec des aides, notamment si l’étudiant est résident ou rattaché à une université monégasque, mais elle reste complexe à mettre en œuvre.
Dans nos métiers, une alternance trop morcelée – une semaine sur deux par exemple – n’est pas viable. En revanche, un rythme de trois semaines en entreprise et une semaine à l’école fonctionne beaucoup mieux, notamment en conformité.

Quel regard portez-vous sur le Forum Monaco pour l’Emploi ?

Sibylla Beck
Un bilan très positif. Le forum montre que Monaco reste un pôle d’attractivité fort, avec des jeunes talents motivés, multilingues et ambitieux. Il joue pleinement son rôle de passerelle entre les entreprises, les candidats et les institutions. Pour nous, c’est un rendez-vous utile et pertinent.

Cédric Herrera
C’était ma première participation et j’ai été agréablement surpris. Le cadre du Grimaldi Forum joue beaucoup, l’organisation était fluide et la qualité des échanges très bonne.
La diversité des secteurs représentés était impressionnante : finance bien sûr, mais aussi hôtellerie, sécurité, services, secteur public, police… Cela donne une image très positive de la Principauté et de la richesse de son marché de l’emploi.

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