Le 5 janvier dernier, Antony Marthe a pris les fonctions de Directeur de la Banque Populaire Méditerranée à Monaco. Fort d’une longue expérience bancaire et d’un parcours riche, il découvre aujourd’hui la place financière monégasque, son écosystème et une relation client singulère, proche du partenariat.
J’ai 27 ans d’expérience bancaire, dont une grande partie au sein des Banques Populaires, avec un parcours marqué par de nombreuses mobilités. Je n’ai jamais occupé deux postes à moins de 200 kilomètres l’un de l’autre, ce qui m’a permis de développer une grande agilité et une forte capacité d’adaptation aux différents écosystèmes. Jusqu’à présent, ma carrière s’est essentiellement déroulée dans la région Grand Est, mais Monaco constitue ma première mobilité à l’international.
J’ai surtout eu la chance d’exercer quasiment tous les métiers bancaires au contact direct des clients. J’ai commencé sur la clientèle particulière, puis professionnelle, avant de devenir directeur d’agence. Cela m’a permis de découvrir des territoires et des activités très variés : la viticulture à Épernay, en Champagne, mais aussi l’industrie dans les Vosges par exemple.
Effectivement. On touche à toutes les activités économiques. J’ai par la suite évolué vers des fonctions de développement commercial. J’ai été directeur des marchés de la banque dans l’Est de la France, avec un rôle plus stratégique, tourné vers la conduite de projets et la stratégie commerciale, toujours au service du réseau. J’ai occupé ce poste pendant environ trois ans.
Le terrain me manquait cependant : je suis avant tout un homme de management et de proximité, très attaché aux clients. J’ai donc repris des responsabilités territoriales, en prenant des fonctions de Directeur de Département. Ces fonctions impliquent une forte dimension managériale, avec de grandes équipes, souvent jeunes, et une responsabilité RH importante : recrutement, accompagnement des collaborateurs, pilotage des équipes.
Je n’ai pas hésité une seule seconde. Monaco est une place financière incroyable pour un banquier. C’est aussi un pays avec son propre écosystème et son économie. Travailler à Monaco, c’est découvrir un nouveau pays et une nouvelle culture, et c’est extrêmement enrichissant. J’aime les rencontres et je suis convaincu que l’on s’enrichit au contact de cultures différentes. C’est ce qui m’a motivé à rejoindre la Banque Populaire Méditerranée à Monaco.
La relation client reste fondamentalement la même : un client attend avant tout un banquier à l’écoute, qui l’accompagne dans ses projets, avec une relation fondée sur la confiance. Que l’on soit à Monaco, à Épernay, à Reims ou à Metz, ce socle est identique et c’est ce qui constitue l’ADN des Banques Populaires.
Ce qui m’a particulièrement surpris à Monaco, et très agréablement, c’est le rapport que les Monégasques entretiennent avec leur banquier. Il y a un véritable partenariat, une relation de long terme particulièrement forte. Dès mes deux premiers mois à Monaco, j’ai été frappé par la qualité de l’accueil : chaleureux, sincère, avec une réelle volonté de m’intégrer rapidement à l’écosystème.
Je ressens une solidarité économique très forte à Monaco, que je n’ai pas toujours observée ailleurs. Les acteurs partagent, recommandent, prescrivent. Il m’est déjà arrivé, en à peine quelques mois, de recevoir des recommandations de clients ou de contacts rencontrés lors de conférences. Cette confiance accordée rapidement est extrêmement motivante.
J’ai parfois l’impression d’être ici depuis deux ans tant l’intégration est rapide. À Monaco, le banquier est véritablement considéré comme un « partenaire de vie », et on le ressent fortement.
Nous sommes reconnus pour notre centre d’affaires entreprises, qui correspond à l’ADN des Banques Populaires. Nous disposons également d’une expertise Banque Privée, avec des équipes dédiées et des offres adaptées. Le développement de cette activité et la capacité de créer des synergies entre ces deux volets – accompagner les entreprises autant que leurs dirigeants – est une priorité pour notre succursale à Monaco.
Par ailleurs, nous souhaitons développer notre modèle de banque universelle. Pour le dire autrement, nous voulons être la banque de tous les Monégasques, c’est-à-dire du fonctionnaire au dirigeants d’entreprise, en passant par les commerçants et artisans. Nous avons cette capacité de répondre à tous les besoins, du plus généraliste au plus spécifique – c’est ce point qui fait notre singularité et notre force.
Nous sommes une vingtaine de personnes. Cela nous positionne comme un acteur à part entière de la place, avec une taille intermédiaire. Cette taille, qui est à la fois suffisante pour disposer de toutes les expertises tout en permettant une grande agilité et un esprit entrepreneurial, nous permet d’accompagner toutes les entreprises : grandes entreprises, PME, mais aussi artisans et commerçants monégasques.
En particulier concernant les artisans et commerçants, certains me disent d’ailleurs que la Banque Populaire Méditerranée a été la seule à leur ouvrir ses portes à leurs débuts. C’est quelque chose que je souhaite préserver. Sans oublier, naturellement, notre clientèle de particuliers.
J’ai été très bien accueilli par le président et le secrétaire général dès mes premiers jours. Nous avons échangé non seulement sur mon parcours bancaire, mais aussi sur mes engagements et mandats passés, et sur la manière dont mes expériences individuelles pouvaient enrichir le collectif. J’ai toujours estimé qu’il était important de s’impliquer dans les écosystèmes économiques.
Le président m’a proposé d’intégrer rapidement deux commissions, celles des affaires sociales et des activités financières, ce que j’ai accepté avec beaucoup de plaisir. J’ai également eu l’opportunité d’organiser, dès mon arrivée, des conférences macroéconomiques, notamment avec la Coface.
Ce qui me frappe à Monaco, c’est la rapidité et le côté très concret : les choses se disent et se font. On n’est pas uniquement dans la parole, mais dans l’action. Monaco est un pays où l’on entre très vite dans le concret, avec des acteurs extrêmement actifs. C’est très appréciable lorsqu’on arrive.
Un de mes rapports d’étonnement concerne le caractère international de la clientèle. Par rapport à tout ce que j’ai connu auparavant, c’est une vraie nouveauté. Au sein de la banque privée notamment, les équipes parlent italien, anglais, ou encore allemand. C’est impressionnant et très représentatif de Monaco. Cela fait partie des spécificités qui m’ont marqué dès mon arrivée. J’aime cet esprit cosmopolite.