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07
juin
2026
Vivre et entreprendre à Monaco

Économie bleue : de la conviction à la mobilisation des capitaux

À l’occasion du Blue Economy & Finance Forum (BEFF) 2026, Céline Lapaian, Secrétaire Générale de CFM Indosuez, revient sur les enseignements majeurs de cette édition marquée par la montée en puissance de la finance bleue. Entre mobilisation croissante des capitaux privés, émergence de solutions d’investissement dédiées à l’océan et nécessaire coopération entre acteurs publics et privés, elle souligne le rôle croissant que peut jouer la finance dans la préservation des écosystèmes marins et le développement d’une économie durable.

Vous étiez présent au Blue Economy & Finance Forum. Quel a été, pour vous, le principal enseignement de cette édition 2026 ?

Ce qui m’a marqué cette année, c’est le changement de paradigme : nous ne sommes plus à l’étape de nous demander si l’économie bleue est investissable. Nous avons désormais la preuve que des solutions existent et qu’elles fonctionnent. Le marché de la « blue finance » prend forme, avec une mobilisation croissante des capitaux privés qui doit encore se renforcer et s’accélérer au regard des besoins. L’annonce d’une ligne métier dédiée au capital naturel par Amundi et Crédit Agricole en est un exemple concret : il s’agit de valoriser le capital naturel comme l’eau, la biodiversité, dans l’économie, que ce soit à travers des nouveaux fonds, de la structuration, de l’accompagnement ou du conseil et en proposant des solutions fondées sur la nature.

Plusieurs intervenants ont souligné l’écart entre l’importance économique de l’océan et les montants réellement investis dans sa préservation. Ce constat vous paraît-il partagé par les acteurs financiers ?

Absolument, ce constat est largement partagé. L’économie bleue a doublé en valeur réelle en 25 ans selon l’OCDE, dépassant désormais 2 500 milliards de dollars, mais les investissements consacrés à sa préservation restent insuffisants au regard des enjeux. Aujourd’hui, la finance doit passer des paroles aux actes : il est urgent de réorienter massivement les flux de capitaux vers la protection de l’océan. Lors du Forum 2025, plus de 25 milliards de dollars d’investissements existants ont été identifiés, et de nouveaux engagements financiers ont été pris à hauteur de 8,7 milliards d’euros. Mais il reste encore beaucoup à faire.

Les échanges du BEFF ont réuni scientifiques, investisseurs, institutions publiques et entreprises. Cette approche transversale est-elle, selon vous, indispensable pour faire émerger des solutions concrètes ?

C’est une évidence : la transversalité est la clé. Réunir des scientifiques, des investisseurs, des institutions publiques et des entreprises permet de croiser les expertises et de bâtir des solutions innovantes et mesurables. C’est ainsi que naissent des initiatives comme les « green corridors » entre ports ou les mécanismes financiers hybrides, qui allient impact environnemental et viabilité économique. Cette approche collective est primordiale pour accélérer la transformation de l’économie bleue et permettre de répondre efficacement aux défis auxquels nous sommes confrontés.

En tant qu’acteur majeur de la gestion de patrimoine à Monaco, quelles opportunités identifiez-vous aujourd’hui dans l’économie bleue pour les investisseurs ?

Les échanges nourris lors de cette deuxième édition du BEFF avec une majorité d’acteurs du secteur privé ont montré que les opportunités d’investissement sont variées tant dans le financement d’infrastructures portuaires durables que dans le développement des énergies marines renouvelables ou s’agissant de la valorisation de la biodiversité marine à travers des fonds thématiques voire même dans l’accompagnement de start-ups innovantes dans la pêche durable et l’aquaculture responsable.

Le BEFF se veut un forum d’action davantage qu’un forum de réflexion. Quelles suites concrètes CFM Indosuez pourrait-elle donner aux rencontres et aux discussions engagées à Monaco ?

Depuis notre participation à la première édition du BEFF l’an passé, le Groupe Crédit Agricole, Crédit Agricole CIB et CFM Indosuez se mobilisent pour renforcer nos actions sur cette thématique. Cela passe par le développement de solutions d’investissement dédiées à l’économie bleue, comme les obligations bleues, ou par la sensibilisation de nos clients à ces enjeux via des produits solidaires[i], la création de partenariats avec des acteurs locaux comme l’Institut Océanographique ou encore le soutien du groupe Indosuez au programme Index Blue Tech, dédié aux startups les plus innovantes de l’économie maritime en hexagone et outre-mer.

Enfin, en tant que partenaire officiel, nous offrons à nos clients un accès privilégié aux éditions du BEFF et de la Monaco Blue Initiative, afin qu’ils puissent s’impliquer directement dans cette dynamique porteuse d’avenir.


[i] Produit solidaire : Le principe du produit d’investissement solidaire (dit « produit solidaire ») est de combiner un objectif de performance financière et une composante solidaire avec le reversement d’une commission à des organismes comme des associations ou des fondations pour soutenir des projets et initiatives à fort impact environnemental ou sociétal. Un produit solidaire permet ainsi d’associer nos clients et partenaires à une démarche porteuse de sens.

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