Entretien avec Antonio Mazzarella, Co-Founder & CIO de Mirazur Capital
Le marché européen du private equity entre dans une nouvelle phase. Après plusieurs années d’abondance et de valorisations élevées, les investisseurs reviennent à des fondamentaux plus disciplinés : sélectivité accrue, structuration financière plus prudente et création de valeur opérationnelle. Antonio Mazzarella, cofondateur et CIO de Mirazur Capital, analyse les grandes tendances qui redessinent aujourd’hui l’écosystème du capital-investissement en Europe.
Le signal fort que je retiens est celui d’un marché en phase de normalisation exigeante. Nous sortons d’un cycle d’abondance marqué par des valorisations élevées et un financement très liquide. Aujourd’hui, les acteurs du private equity en Europe reviennent à des fondamentaux plus disciplinés : sélectivité accrue, structuration financière plus prudente et focalisation sur la création de valeur opérationnelle.
On observe également une montée en puissance des stratégies sectorielles spécialisées, notamment dans la transition énergétique, la santé et la technologie B2B, ce qui traduit une recherche de résilience et de croissance durable plutôt qu’une simple logique d’arbitrage financier.
Je parlerais d’un équilibre entre prudence et opportunisme. La prudence est clairement présente : les investisseurs prennent davantage de temps dans leurs processus de décision, les due diligences sont plus approfondies et les structures de financement plus conservatrices.
Mais cette prudence n’exclut pas la confiance. Au contraire, beaucoup voient dans le contexte actuel une fenêtre d’opportunités. Les ajustements de valorisation permettent de revenir à des niveaux d’entrée plus rationnels. Les acteurs les mieux capitalisés et les mieux structurés se positionnent activement pour capter cette nouvelle phase du cycle.
Trois préoccupations majeures ressortent :
À cela s’ajoute une attente forte autour des critères ESG, désormais pleinement intégrés dans les processus d’investissement et de reporting.
Il s’agit davantage d’une accélération structurante que d’un simple effet de mode. L’ouverture du private equity au private wealth répond à une évolution profonde : diversification des portefeuilles, recherche de rendement décorrélé et développement de structures plus adaptées aux investisseurs privés.
Ce mouvement transforme progressivement l’écosystème : produits plus accessibles, véhicules semi-liquides, pédagogie accrue. Ce n’est pas un changement brutal de paradigme, mais bien une mutation durable qui élargit la base d’investisseurs et modifie les dynamiques de levée de fonds.
Monaco n’est plus perçue comme une place émergente, mais comme un acteur installé, avec une identité spécifique. La Principauté bénéficie d’un écosystème solide en matière de gestion de patrimoine, d’une stabilité réglementaire reconnue et d’une capacité à attirer des investisseurs internationaux.
La qualité des investisseurs (LPs) qui sont venus s’installer en Principauté ces dernières années a été incroyable.